D’un côté nous avons les nomophes, les hyper-connectés à un tel point qu’ils ont extrêmement peur de perdre leur téléphone portable (l’expression nomophobie venant de la contraction de « no mobile phobia »). Cette peur est malheureusement assez répandue : en France 22% de la population admet qu’il leur est impossible de se passer de leur téléphone. Et si cette peur existe depuis l’apparition des portables, le nombre de personnes touchées a explosé avec l’apparition des smartphones constamment connectés à Internet : toute la « vie » des personnes se trouve en effet sur leur mobile. Agenda, cartes routières ou de visite, photos personnelles, mais surtout véritable porte d’accès aux réseaux sociaux, le téléphone portable prouve son utilité à tout moment de la journée (cf cette infographie, montrant tout ce qui se passe en 60s. sur un smartphone).
Bien entendu, cette image mirifique du smartphone a un revers de médaille : la création d’un véritable besoin d’être au courant de tout, tout le temps ; ce besoin étant intimement lié à la peur de rater quelque chose. Le petit geste consistant à vérifier son portable « au cas où » devient de plus en plus régulier, nous n’avons donc plus de patience ?
Et à l’inverse de ce phénomène, nous voyons un autre émerger : la déconnexion choisie. Cette tendance est suivie plus particulièrement par les plus accros au réseau, qui éprouvent le besoin de mieux vivre l’instant présent, et non pas d’être dans l’attente (du rendez-vous à venir, d’un mail, etc). Les plus convaincus inscrivent même leur enfant dans des écoles déconnectées comme la Waldorf School of the Peninsula, installée au cœur de la Silicon Valley. Leur postulat ? L’ordinateur n’est qu’un outil parmi d’autres, et il faut d’abord apprendre à penser par soi-même, apprendre à compter, à visualiser l’espace en trois dimensions au lieu de s’en servir pour résoudre n’importe quel problème. Les enfants ne sont pas pour autant privés d’ordinateur : tous en ont un chez eux.
Se déconnecter devient donc un choix personnel voir professionnel (certains ne se connectent que quelques fois par jour pour récupérer leur mails), et il existe même des logiciels tels que Freedom qui nous aide à nous tenir à l’écart de la frénésie d’Internet… pour 10 dollars. Un moyen comme un autre de s’acheter du temps ?




